ChatGPT Ads en France et en Suisse : Google a‑t‑il un nouveau rival ?
1 milliard $ par an pour la régie d’OpenAI, 63 milliards par trimestre pour Google Search, des clics à 1 € en France : ce que la pub ChatGPT vend vraiment ici.

Par Jhovany Mabiala
CEO, EMA DigitalPublié le Mis à jour le
Ajouts du 18 octobre : réglages réels d’Ads Manager (objectifs, ciblage, budget minimum, mesure), premiers chiffres de campagnes publiés par des agences et des annonceurs, et une comparaison visuelle Google, Meta, ChatGPT. Les faits d’origine sont inchangés.

Depuis le 31 août, une entreprise établie en Suisse ou en France peut acheter elle-même de la publicité dans ChatGPT. Pas de mots-clés à choisir : l’annonce s’affiche sous la réponse, quand la conversation s’y prête.
OpenAI revendique déjà un rythme d’un milliard de dollars de revenus par an, et vise ce que Google et Meta vendent depuis toujours : l’attention de quelqu’un qui s’apprête à choisir.
Le format vendu en Suisse et en France
Les premières campagnes françaises ont quelques semaines. Une agence en a montré une : moins d’un euro le clic, du trafic en quantité… et une campagne mise en pause, faute de ventes.
La version vendue en Europe est aussi plus étroite : ni ciblage selon le profil, ni nouveaux formats. Rival de Google ou curiosité ? Tout dépend de ce que l’on compare.
- Qui est concerné
- Les annonceurs, agences et marques qui vendent en Suisse ou en France, les équipes Google Ads et Meta, et les utilisateurs des offres gratuite et Go de ChatGPT.
- Ce que cela change pour votre entreprise
- Google vend une requête, Meta un profil, ChatGPT une conversation : la régie n’en remplace aucune, elle ajoute un moment. Avec des clics bon marché et peu de ventes prouvées, un budget engagé aujourd’hui achète d’abord de l’apprentissage.
- Que faire
- Si vous testez : un budget fixé d’avance, un besoin précis, une page qui y répond, le pixel chargé après l’accord des visiteurs, et un jugement sur les nouveaux clients, pas sur le prix du clic.
Réponse courteLa réponse en quelques lignes
Google a-t-il un nouveau rival ? Pas en dollars : ChatGPT Ads revendique un milliard par an, Google Search encaisse cette somme en moins de deux jours. Mais la régie vise un autre moment, la conversation où se prépare un achat. Les premières campagnes françaises y trouvent des clics autour d’un euro, pas encore la preuve des ventes.
SommaireCe qui s’achète depuis le 31 août
Ce qui s’achète depuis le 31 août
Côté annonceurs, la règle est nette : selon l’aide d’OpenAI, l’entreprise qui paie doit être établie dans l’un des 63 pays ouverts, dont la Suisse et la France. Elle crée ses campagnes elle-même, en ligne, dans Ads Manager.
L’outil d’achat, en français
Côté utilisateurs, c’est moins net : OpenAI a annoncé la diffusion dans 31 pays européens, dont la France, sans nommer la Suisse.
Les annonces visent les offres gratuite et Go, l’abonnement à bas prix : jamais les formules Plus, Pro, Business, Enterprise ou Edu, ni les mineurs, ni les sujets sensibles comme la santé, selon l’aide.
Ce que l’outil permet :
- trois objectifs : être vu, des clics ou des ventes, toujours payés au clic ou à l’affichage, jamais à la vente ;
- un ciblage du pays à la ville, et par appareil ;
- des « indications contextuelles » : quelques phrases qui décrivent les conversations où l’offre est utile, « ni des mots-clés en correspondance exacte ni des règles de ciblage », précise OpenAI ;
- votre catalogue, transformé en annonces avec photo, prix et avis ;
- au moins 20 francs ou 15 euros par jour. Le prix du clic se fixe aux enchères, sans tarif publié.
Un compte récent peut aussi être limité d’abord à son pays : une entreprise suisse qui vise la France devra parfois attendre. Et deux nouveautés ne s’achètent pas ici : le format visuel présenté le 5 octobre, en test aux États-Unis, et l’annonce avec laquelle on discute, en pilote selon Digiday.
Google, Meta, ChatGPT : trois façons de trouver un client
La comparaison avec Google revient partout. Elle trompe si l’on compare des audiences : les trois régies ne vendent pas le même moment.
Où s’affiche l’annonce
Prenons un vélo électrique. Sur Google, quelqu’un tape « vélo électrique Lausanne ». Sur Instagram, Meta le montre à qui suit des comptes de cyclisme. Dans ChatGPT, quelqu’un écrit : « 12 km par jour entre Renens et Lausanne, une côte, 3 000 francs maximum, lequel choisir ? »
La conversation en dit plus, mais plus riche ne veut pas dire plus acheteur : la même question peut venir d’un étudiant qui prépare un exposé.
En Europe, l’annonce ne lit d’ailleurs que cette conversation-là :
Ce qu’OpenAI écrit, mot pour mot
« Les publicités personnalisées ne sont pas disponibles dans un premier temps dans l’Espace économique européen (EEE) ni en Suisse. »
Elle s’appuie sur l’échange en cours, le lieu et l’heure, selon la politique de confidentialité d’OpenAI, qui déconseille même ici les fichiers clients.
La personnalisation viendra peut-être, sur accord de chacun, selon l’autorité berlinoise de protection des données. Et l’annonceur ne voit jamais la conversation, seulement des totaux.
Ce que chaque régie vend, en Suisse et en France
| Google Search | Meta | ChatGPT Ads | |
|---|---|---|---|
| Ce qui déclenche l’annonce | Les mots que la personne tape | Son profil : âge, lieu, centres d’intérêt | La conversation en cours, le lieu, l’heure |
| Ce qu’elle fait bien | Capter une demande déjà là | Créer une envie chez qui ne cherchait rien | Entrer dans une décision détaillée |
| Où elle peut décevoir | Des clics chers dans les secteurs disputés | Il faut interrompre quelqu’un | Curieux et acheteurs mêlés |
Un rival pour Google ? Pas en dollars, pas encore
En revenus, la réponse est nette.
Deux ordres de grandeur
- Revenus annuels revendiqués par ChatGPT Ads, au rythme du 31 août 2026
- 1 milliard $
- Revenus de la recherche Google (« Search & other »), au seul 2e trimestre 2026
- 63,3 milliards $
- Temps qu’il faut à Google Search pour encaisser 1 milliard
- ≈ 1,4 jour
Google ne vend pas encore d’annonces dans ses résumés générés par l’IA, les « aperçus IA », en Suisse ou en France : selon son aide, seulement en anglais, dans douze pays. Ni l’un ni l’autre n’est donc dans la réponse elle-même ici.
L’enjeu pour Google n’est pas cet argent, c’est le moment où se décide un achat, qu’OpenAI vise explicitement. Personne ne publie la part des recherches d’achat passées de Google à ChatGPT.
Premières campagnes : des clics, des ventes à prouver
Les premiers chiffres de terrain racontent la même histoire : des clics bon marché, des ventes rares.
En France, l’agence Coudac a montré en vidéo la campagne d’un client : environ 13 euros les mille affichages, contre 5 à 6 sur Meta, moins d’un euro le clic, et si peu de ventes que la campagne a été mise en pause. Chez Gamned, selon La Réclame, le clic montait déjà à 1,80 euro trois semaines plus tard dans les secteurs disputés.
Au Canada, un annonceur B2B a dépensé environ 7 000 dollars canadiens : derrière 336 clics, 146 entreprises identifiées, cinq dans sa cible, aucune vente. Chez Hostinger, après près de 70 000 dollars de test, la réponse suffisait souvent : l’utilisateur continuait la conversation au lieu de cliquer.
OpenAI publie des chiffres plus flatteurs, sans dépense ni méthode, et sa FAQ l’admet : la régie « ne dispose pas encore de références de performance ».
Premières campagnes, chiffres déclarés
- Prix d’un clic au lancement, en France (Coudac, Gamned)
- ≈ 1 €
- Prix de mille affichages en France, contre 5 à 6 € sur Meta pour le même client de Coudac
- 9 à 13 €
- Entreprises dans la cible, sur 146 identifiées derrière 336 clics (B2B, Canada)
- 5
Mesurer avant de juger
Une même campagne peut raconter deux histoires : pour une marque américaine, Common Thread Collective compte de 19 000 à 38 000 dollars de ventes pour la même dépense, selon la règle qui attribue chaque vente à une publicité.
Ads Manager a ses propres règles, et OpenAI prévient que ses chiffres peuvent différer des vôtres sans erreur.
Choisissez avant de lancer la source qui fait foi, votre CRM ou votre back-office, et attendez 48 heures avant de comparer : les ventes mettent jusque-là à apparaître.
Le pixel, ce petit code qui compte les ventes sur votre site, démarre avec le consentement « accordé », selon sa documentation. Posé tel quel sur une page de test, il a déposé un identifiant d’un an et envoyé trois événements avant tout choix du visiteur.
Chargez-le après l’accord, depuis votre bandeau cookies : la CNIL l’exige en France ; en Suisse, l’art. 45c LTC impose d’informer et de permettre le refus.
Méthode. Page locale, code de la documentation, version 0.1.41, identifiant fictif, 17 octobre 2026 : ce que le navigateur envoie, pas ce qu’OpenAI enregistre. Pas un avis juridique.
Notre verdict : pas encore un rival, déjà un test à faire
Google n’a pas de rival en dollars, et ChatGPT Ads ne remplace ni une campagne Search ni une audience Meta. Mais il occupe un moment qu’aucun des deux ne vend : la conversation où quelqu’un explique ce qu’il cherche.
À tester si vos clients posent à ChatGPT les questions qui précèdent un achat ; à différer si vous dépendez d’un ciblage fin, d’un secteur réglementé ou d’acheteurs abonnés à ChatGPT, que les annonces ne touchent pas.
| Étape | Notre cadre de test |
|---|---|
| Budget | Fixé d’avance, hors Google Search ; 20 francs ou 15 euros par jour au minimum |
| Situation | Un besoin précis dans les indications contextuelles, une page qui y répond |
| Mesure | La source qui fait foi, le pixel après l’accord, 48 heures avant de comparer |
| Décision | Après quatre semaines, sur la part de nouveaux clients face à Google et Meta ; arrêt sans demande sérieuse |
Être cité dans la réponse elle-même est un autre travail, détaillé dans SEO ou GEO : par quoi commencer ; pour un regard extérieur sur vos campagnes, voyez notre expertise Publicité.
À retenir
- Depuis le 31 août, une entreprise suisse ou française achète ChatGPT Ads en ligne ; la diffusion est annoncée en France, pas précisée en Suisse.
- En Europe, ni mots-clés ni profil : l’annonce suit la conversation en cours.
- Plus de contexte que sur Google ou Meta, pas forcément plus d’acheteurs.
- Premières campagnes en France : environ un euro le clic, des ventes rares.
- En dollars, pas de rival : Google Search encaisse en 1,4 jour ce que ChatGPT Ads revendique sur un an.
Ce que nous ne savons pas
Nous n’avons ni mené de campagne ni vu d’annonce affichée en Suisse ou en France : l’article décrit ce qu’OpenAI publie et ce que des agences et des annonceurs déclarent, sur quelques comptes, sans audit, aucun suisse.
Écartés faute de source vérifiable ou de calcul cohérent : une étude française qui circule (près de 5 millions d’affichages) et les rendements publiés par Common Thread Collective. Le test du pixel porte sur une version et un identifiant fictif ; la lecture du droit n’est pas un avis juridique.
Sources
28 sources vérifiées22 officielles ou institutionnelles
- Berliner Beauftragte für Datenschutz und InformationsfreiheitDatenschutzbeauftragte sensibilisiert für personalisierte Werbefunktion bei ChatGPT · consulté le
- Aide Google AdsÀ propos des mots clés dans les campagnes sur le Réseau de RechercheNon daté — consulté le
- Common Thread CollectiveChatGPT Ads : premiers résultats d’une marque (publication LinkedIn) · consulté le
- Hüseyin Ograk, HostingerWe spent nearly $70K testing ChatGPT Ads (publication LinkedIn) · consulté le
Comment cet article a été produit Recherche et rédaction réalisées avec l’aide d’une IA (Claude), selon la méthode éditoriale d’EMA. Les pages d’OpenAI, dont l’aide d’Ads Manager, les aides de Google Ads et de Meta, le formulaire 8-K d’Alphabet, le communiqué de l’autorité berlinoise, la loi suisse et la page de la CNIL ont été lus le 17 octobre 2026 ; la démonstration vidéo d’une agence française et les retours publiés par des agences et des annonceurs ont été relus le même jour, chiffres recalculés. Le comportement du pixel a été testé sur une page locale avec un identifiant fictif ; aucune campagne n’a été menée. Jhovany Mabiala signe l’article et en porte la responsabilité.

